Mon parcours
Très tôt, le secteur de la mode et de l'image m'a été familier. Je le dois peut-être à mes deux grands-mères, l'une d'entre elles ayant exercé en tant que modiste (création de chapeaux) et l'autre ayant suivi une formation en couture durant sa jeunesse.
Un Bac littéraire (option Arts plastiques) en poche, j'ai suivi des études universitaires jusqu'à l'obtention de ma maîtrise d'Arts plastiques. A mon arrivée sur Paris, j'ai souhaité rebondir sur un projet qui me tenait à cœur: suivre une formation en stylisme de mode à l'Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré. Cela n'a fait que confirmer mon intérêt pour ce secteur. Parallèlement, j'ai eu l'opportunité d'enseigner en tant que professeur d'Arts appliqués en lycées durant quelques années avant de franchir la porte de l'enseignement à distance et d'intégrer l'Ecole Lignes et Formations. En tant qu'enseignante, j'ai d'abord été confrontée à des élèves en classe. Ici le contexte est complètement différent et n'en demeure pas moins un véritable challenge! Le fait d'exercer autrement, avec d'autres outils pédagogiques a été une vraie révélation...
Cela me permet aujourd'hui de mener des projets personnels et de partager mon expérience et ma vision de la mode. J'ai eu beaucoup de plaisir à rédiger certains livrets de cours et en ai profité pour y glisser mes propres travaux comme des illustrations de mode, des silhouettes et autres recherches de matières... J'ai donc pour cette école un statut un peu atypique: d'enseignante mais aussi de « consultante » en mode. Ma collègue, Céline Chapelain, exerce avant tout en tant que designer textile. Etant indépendante (free-lance), elle connait bien les exigences de ce métier et peut ainsi transmettre son expérience.
Les formations de Créateur-styliste de mode et de Designer textile
Plusieurs auteurs ont participé à cette aventure, des professionnels issus de différents secteurs de la mode et du textile, chacun apportant sa pierre à l'édifice. Nous avons décidé d'offrir plusieurs « visions » et points de vue aux élèves de façon à enrichir la formation, que ce soit en stylisme de mode ou en Design textile. Ces deux métiers étant caractérisés par une dimension pratique importante, nous avons porté un soin particulier à l'illustration de nos cours, à la mise en page qui se veut explicite et didactique. Les gestes professionnels et techniques y sont d'ailleurs décomposés, étape par étape.
J'ai beaucoup apprécié le fait de partager des références, des astuces, et autres informations précieuses accumulées jusqu'ici.
Les cours ne se veulent pas « conventionnels », ils présentent des aspects ludiques et une approche nouvelle sur le monde de la mode. Donner des pistes de travail, susciter l'imagination des élèves sans perdre de vue la réalité du métier, voilà l'essentiel.
Chaque « colis » de cours contient également une « collection ». Il s'agit d'une sorte de projet professionnel, présentant des contraintes différentes à chaque fois, dans lequel les élèves doivent faire la synthèse des connaissances qu'ils ont acquises à un moment donné.
Nous amenons ainsi les élèves à « expérimenter », à développer leur créativité et leurs compétences techniques, à se découvrir sur un plan artistique et à trouver leur style, ce qui me paraît d'ailleurs essentiel.
Notre objectif est de les accompagner progressivement dans leur découverte du monde professionnel. Par exemple, il m'a semblé nécessaire de leur proposer dès le début de leur formation une enquête et de rencontrer directement des professionnels de la mode.
Les permanences des professeurs
Les permanences réalisées à l'école sont l'occasion de nous entretenir avec les élèves, de leur apporter des conseils et notre « sensibilité artistique ». Communiquer en direct avec eux, par téléphone ou par email, est enrichissant. Nous devons continuellement nous adapter à chaque profil, et répondre à des questions spécifiques.
Il s'agit pour moi d'un échange interactif qui permet de découvrir des personnalités très différentes. Certains élèves n'hésitent pas à nous contacter régulièrement. Ils ont besoin d'être guidés, d'avoir de plus amples explications concernant un devoir ou un exercice. Ils peuvent aussi revenir sur une correction et nous sommes là pour les aiguiller.
Je pense que le fait d'établir un suivi régulier peut permettre à l'élève de progresser plus rapidement. Nous essayons de leur donner des « clefs » pour réussir, pour mener à bien leur projet. Éclaircir un point du cours, évoquer une exposition qui a lieu en ce moment ou leur donner des astuces concernant le matériel est très fréquent.
Les corrections des devoirs et travaux pratiques
De nombreux exercices pratiques et devoirs sont inclus dans les cours. Aux élèves de se les approprier et de se lancer dès le début de leur formation. Les corrections sont personnalisées et nous faisons en sorte qu'elles soient les plus détaillées possibles.
Notre mission consiste à mettre le point sur des lacunes, émettre des « critiques » qui se veulent positives avant tout, et permettre à l'élève de rebondir sur un autre devoir ou reprendre celui qu'il n'a pas réussi. Par ailleurs, il faut réussir à apporter suffisamment d'éléments pour le faire progresser, à trouver les mots justes, ce qui n'est pas toujours évident!
Il faut être réaliste, la formation à distance présente des avantages, mais elle demande aussi à l'élève un minimum d'autonomie et de rigueur. J'ai moi-même passé ma licence par correspondance, je sais donc de quoi je parle! Et il m'était alors impossible de contacter mes professeurs...
Quelques conseils à l'attention des élèves qui débutent
Je dirais à un élève novice de ne surtout pas se décourager en début de formation. En effet, les devoirs sont assez exigeants et il en va de la qualité du cursus que nous leur proposons. Par ailleurs, dans tout apprentissage, il y a des « accidents » de parcours. Il faut les accepter et persévérer! Le premier obstacle ne doit pas être un frein, mais l'occasion de se remettre en question, de mesurer ses lacunes et les points à améliorer. Et surtout, je conseille souvent aux nouveaux élèves qu'ils n'hésitent pas à nous contacter, et à nous faire part de leurs préoccupations.
Plusieurs qualités me semblent nécessaires pour entamer ce type de formations
Il faut évidemment être motivé, enthousiaste, faire preuve de curiosité et d'ouverture sur le monde. Il faut aussi alimenter ses connaissances régulièrement en consultant des ouvrages, la presse spécialisée, mais aussi en naviguant sur internet.
Les sites spécifiques et les blogs de mode permettent de « capter » les tendances de la rue, de « piocher » des idées.
Nous donnons diverses indications à l'élève, mais c'est à lui de construire sa propre « culture mode ». Fréquenter les bibliothèques, se rendre à des expositions, observer les vitrines des boutiques, toucher les tissus, être sensible aux coupes, aux couleurs et aux formes... doit devenir un réflexe.
Mais aussi, le fait de chiner, de récupérer des vêtements, de manipuler des matières diverses, et d'effectuer des recherches avant de réaliser un devoir est primordial!
Et surtout je leur conseille d'essayer de répondre aux devoirs avec originalité, de sortir des sentiers battus et de nous surprendre.
Nous avons la chance d'évaluer des recherches de très bonne qualité, esthétique visuellement et/ou pertinentes en termes de contenu. C'est ce que j'apprécie particulièrement dans mon « métier » de professeur. En effet, il est très gratifiant de découvrir des talents naissants, d'éprouver une véritable émotion face à une réalisation. Lorsque l'élève y a mis un supplément d'âme et de l'huile de coude, c'est souvent payant!
Il ne faut donc pas se leurrer, les élèves doivent faire preuve de persévérance, de maturité et d'autonomie. Et si l'envie est là, alors tout est permis!
A qui s'adressent ces formations ?
Les élèves qui s'inscrivent dans nos formations ont des profils variés, et ils le font pour des raisons diverses: découverte, reconversion, véritable projet professionnel ou encore perfectionnement (dans un domaine spécifique comme le croquis de mode, les motifs et imprimés, les accessoires...).
Les démarches ne sont donc pas les mêmes et nous devons en tenir compte. C'est pourquoi, très souvent, dès le début de leur formation, j'invite les élèves à se présenter sous la forme d'un CV (mais pas au sens strict du terme) de façon à mieux les connaître. Évoquer leur parcours et la raison de leur inscription permet d'affiner les corrections, de suivre leur progression.
Quelques projets et expériences d'élèves marquants
Certains élèves ont une idée bien précise en tête. Ainsi, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec une jeune femme dont l'objectif est de monter sa micro-entreprise basée sur le commerce équitable. Elle compte ainsi fabriquer des tissus « Wax » au Sénégal en collaboration avec des tisseurs et des femmes habitant sur place, leur permettant ainsi d'acquérir une autonomie financière.
Dernièrement une autre de nos élèves a pu rencontrer une jeune créatrice de mode parisienne. Sa marque de vêtements pour enfants est assez confidentielle mais elle bénéficie de bonnes parutions presse et le bouche à oreille fait le reste. Elle crée ainsi ses modèles dans son petit atelier parisien (showroom) et les vend en ligne via son site internet.
Dans un univers différent, une autre élève a eu la chance d'introduire la prestigieuse maison Lanvin et a pu s'entretenir avec un de ses modélistes. Et ainsi découvrir les dessous de ce métier exigeant et passionnant...
(A noter que ces entretiens mènent parfois à des collaborations, à l'élaboration de projets communs: c'est une véritable plateforme).
Et après...
Pour réussir dans la mode, s'épanouir, je dirais qu'il n'existe pas de « recettes » prédéfinies. Les parcours peuvent être très variés, beaucoup d'autodidactes réussissent à sortir leur épingle du jeu et à monter leur affaire.
Il est évident qu'il faut faire ses preuves, ce n'est pas un milieu « facile » d'accès, alors tout est question de persévérance, de talent, de curiosité... et d'un peu d'audace! Il faut savoir prendre des risques et s'imposer. D'autres expériences permettent aux élèves de mettre le pied à l'étrier. Un stage conventionné chez un professionnel ou ne serait-ce qu'une ou deux journées « d'observation » peuvent révéler de véritables vocations.
Il est donc important d'être bien encadré au cours de sa formation, d'être épaulé au fil des mois et de bénéficier de conseils de professionnels. C'est ce que nous tentons de faire au quotidien.
D'autres opportunités peuvent se présenter aux élèves et leur permettre de se lancer
Par exemple, les ventes de vêtements via Internet sont devenues courantes, véritable marché où l'on côtoie autant de marques reconnues que de jeunes créateurs, ce qui permet de véritables opportunités pour ceux qui démarrent. C'est une alternative au commerce « classique » de plus en plus exploitée.
Citons aussi les marchés de jeunes créateurs, de plus en plus fréquentés qui permettent de rencontrer directement le public, de faire découvrir son univers créatif.
En parallèle, de plus en plus de boutiques multimarques proposent les « séries limitées » de créateurs, pièces uniques ou collection d'accessoires en petites quantités. Elles sont bien utiles pour se forger son premier carnet d'adresses, diffuser sa marque et se faire connaitre du grand public...
Ainsi chacun peut trouver sa place, il n'existe pas de cursus « idéal » et tant mieux. De plus, la mode ne se limite pas à une seule activité et présente une palette de métiers assez large. Travailler pour la section style d'une grande surface ou produire des petites collections d'accessoires chez soi, sont autant de voies qui sont permises. Le milieu de la mode est mouvant et éclectique. L'essentiel est de s'y épanouir, cette formation y contribuant, nous l'espérons.